Le pape Léon XIV a publié cette semaine une encyclique sur l'intelligence artificielle, avertissant que la technologie présente de sérieux risques éthiques si elle n'est pas maîtrisée. Le document, intitulé Veritatis et Machinae, annonce également un partenariat avec la société d'IA Anthropic, signalant la volonté du Vatican d'intégrer la responsabilité morale dans la conception et le déploiement des systèmes d'IA.
Pourquoi le Vatican est intervenu
L'encyclique présente l'IA comme plus qu'un outil technique : c'est un outil moral. Le pape soutient que sans garde-fous éthiques clairs, l'IA pourrait creuser les inégalités, éroder la vie privée et concentrer le pouvoir entre les mains de quelques-uns. Le texte appelle à un cadre fondé sur l'équité et la dignité humaine, et non seulement sur l'efficacité ou le profit.
Ce n'est pas la première fois que l'Église catholique s'aventure dans l'éthique technologique, mais c'est la plus directe. Le partenariat avec Anthropic donne au document un lien concret avec l'industrie — une entreprise connue pour son approche d'« IA constitutionnelle », qui tente d'aligner les modèles sur des valeurs explicites.
Ce que signifie le partenariat
Anthropic conseillera le Vatican sur les aspects techniques de la sécurité de l'IA. En retour, l'Église prête son autorité morale aux travaux d'Anthropic. L'encyclique n'approuve aucune entreprise en particulier, mais la collaboration est inhabituelle pour un document pontifical. Elle suggère que le Vatican souhaite un apport concret, et non seulement des principes abstraits.
Les actifs numériques sont également mentionnés. L'encyclique avertit que les cryptomonnaies et les systèmes basés sur la blockchain peuvent perpétuer les mêmes inégalités que l'IA — à moins qu'ils ne soient conçus avec équité. Le pape appelle à une « équité par conception » dans les deux domaines.
Répercussions potentielles
Les encycliques pontificales ont un poids bien au-delà des cercles catholiques. Elles sont lues par les diplomates, les éthiciens et parfois les régulateurs. Celle-ci pourrait influencer les débats aux Nations unies et à l'Union européenne, où les lois sur l'IA sont encore en cours d'élaboration. L'accent mis sur l'équité pourrait inciter les négociateurs à renforcer la protection des consommateurs.
Il est trop tôt pour dire si un gouvernement citera l'encyclique dans sa législation. Mais le Vatican a un historique d'influence sur les politiques sociales — sur le climat, l'allègement de la dette, les droits de l'homme. L'éthique de l'IA pourrait être la prochaine.
Le pape n'a pas fixé de calendrier pour les prochaines étapes. Pour l'instant, l'encyclique sert de repère, un ensemble de principes que les entreprises technologiques et les législateurs peuvent adopter ou ignorer. Le partenariat avec Anthropic offre une voie concrète ; savoir si d'autres suivront est la question ouverte que l'Église a désormais placée devant le monde.


