Les associations membres de l'UEFA cherchent discrètement un candidat pour défier le président de la FIFA, Gianni Infantino, une décision qui pourrait remodeler le paysage mondial des parrainages sportifs — y compris les liens croissants entre le football et les crypto-monnaies. Cette recherche, confirmée par plusieurs sources au sein des fédérations européennes, intervient alors que le troisième mandat d'Infantino fait face à des critiques croissantes concernant la gouvernance et les priorités commerciales.
Le challenger dans la place
Un nom circule déjà : Nasser Al-Khelaifi, le président qatari du Paris Saint-Germain et du groupe beIN Media. Al-Khelaifi siège au comité exécutif de l'UEFA et entretient des liens étroits à la fois avec le football européen et les réseaux d'investissement du Moyen-Orient. Il n'a jamais exprimé publiquement son intérêt pour la présidence de la FIFA, mais ses partisans le voient comme un contrepoids crédible à l'emprise d'Infantino sur le poste le plus élevé du sport.
La candidature potentielle d'Al-Khelaifi ne concerne pas uniquement la politique du football. Il dirige un empire médiatique qui s'est lancé dans la billetterie basée sur la blockchain et les fan tokens, et le PSG a été l'un des premiers clubs à lancer un fan token avec Socios.com. Un président de la FIFA ayant ce parcours accélérerait probablement l'intégration des parrainages en crypto-monnaies et des actifs numériques dans la Coupe du monde et d'autres événements de la FIFA.
Pourquoi les crypto-monnaies et les sponsors s'en soucient
La stratégie commerciale actuelle de la FIFA sous Infantino a été prudente concernant les crypto-monnaies. L'organisation a signé quelques partenariats liés à la blockchain, mais n'a jamais adopté le secteur comme certaines fédérations nationales ou clubs l'ont fait. Un changement à la tête pourrait inverser cette posture. Le bilan d'Al-Khelaifi suggère qu'il considère les actifs numériques comme une source de revenus et un outil d'engagement des fans, et non comme un casse-tête réglementaire.
Les clubs européens génèrent déjà des millions grâce aux accords crypto — fan tokens, objets de collection NFT et parrainages de plateformes d'échange. La FIFA, en revanche, s'en est largement tenue aux marques traditionnelles. Un nouveau président avec les instincts d'Al-Khelaifi pourrait ouvrir la voie à un sponsor majeur en crypto-monnaies pour la Coupe du monde 2030 ou à une plateforme de tokens soutenue par la FIFA.
Le timing n'est pas idéal pour Infantino
Infantino fait face à un flot constant de critiques concernant sa gestion de l'héritage de la Coupe du monde 2022, les préoccupations relatives aux droits de l'homme et l'expansion de la Coupe du monde des clubs. La décision de l'UEFA de trouver un challenger indique que les fédérations européennes — le bloc qui pèse le plus dans les élections de la FIFA — sont lasses du statu quo. La recherche en est encore à ses débuts, et aucun candidat officiel n'a été annoncé. Mais le fait que l'UEFA cherche activement, plutôt que de simplement râler, constitue un changement.
Al-Khelaifi devrait gérer des conflits d'intérêts : il est à la fois propriétaire de club et dirigeant médiatique avec des liens avec le fonds souverain du Qatar. Cela pourrait être un handicap dans une campagne. Mais cela pourrait aussi être un atout s'il se positionne comme un modernisateur qui comprend à la fois les affaires et l'avenir numérique du sport.
Le prochain Congrès de la FIFA est prévu pour début 2027. Si l'UEFA présente un candidat, la campagne commencera bien avant. L'industrie des crypto-monnaies, quant à elle, surveillera de quel côté souffle le vent.




