La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a exhorté la Cour d'appel du sixième circuit à confirmer que la loi fédérale lui confère une compétence sur les marchés de prédiction, une décision qui pourrait sceller le sort des efforts de Kalshi pour proposer des contrats basés sur des événements. Ce dépôt s'inscrit dans un litige en cours entre le régulateur et la plateforme de marchés de prédiction, qui souhaite proposer des paris sur des résultats politiques. L'enjeu est de savoir si la CFTC peut empêcher Kalshi de vendre des contrats que les critiques qualifient de jeu d'argent sur les élections.
Les origines du litige
Kalshi, une startup basée à New York, permet aux utilisateurs d'échanger des contrats sur des événements binaires — des questions par oui ou par non comme « La Fed relèvera-t-elle ses taux d'ici juin ? ». La CFTC a longtemps soutenu que certains de ces contrats, notamment ceux liés à des compétitions politiques, relèvent de son autorité réglementaire en vertu du Commodity Exchange Act. En 2023, l'agence a refusé la demande de Kalshi de lister des contrats sur le contrôle du Congrès américain, estimant qu'ils ressemblaient à des jeux illégaux. Kalshi a poursuivi la CFTC, affirmant que celle-ci outrepassait son mandat. L'affaire a atterri devant le sixième circuit après qu'un tribunal de district a en partie donné raison à la commission.
Ce que la CFTC a dit à la cour d'appel
Dans son mémoire déposé plus tôt ce mois-ci, l'équipe juridique de la CFTC a soutenu que le Congrès a donné à l'agence un large pouvoir pour contrôler « toute transaction qui n'est pas autrement soumise à la juridiction du Commodity Exchange Act ». Selon eux, ce langage couvre les marchés de prédiction car les contrats sont liés à des événements futurs et impliquent un transfert de risque. La commission a cité des actions coercitives passées contre des plateformes similaires, dont une qui permettait aux utilisateurs de parier sur le résultat de l'élection présidentielle de 2020. « L'autorité de la Commission sur ces contrats est claire », indique le mémoire. « La tentative de Kalshi d'éviter la surveillance minerait des décennies de régulation des marchés. » L'agence a également averti que permettre des marchés de prédiction non réglementés pourrait ouvrir la porte à la manipulation et aux délits d'initiés.
Le contre-argument de Kalshi
Kalshi a toujours soutenu que ses contrats ne sont ni des contrats à terme ni des options tels que définis par le Commodity Exchange Act. L'entreprise les décrit comme de simples paris par oui ou par non qui fonctionnent davantage comme une assurance ou une option binaire, et non comme les dérivés agricoles ou énergétiques que la CFTC supervise habituellement. Dans des dépôts judiciaires antérieurs, Kalshi a fait valoir que l'interprétation de la CFTC lui donnerait un « chèque en blanc » pour réglementer tout contrat impliquant une prédiction, y compris les paris sportifs ou les prévisions météorologiques. L'entreprise a également noté que le Congrès a explicitement légalisé les paris sportifs en 2018 et a laissé les marchés de prédiction aux régulateurs des États, et non à la CFTC.
Pourquoi cette affaire dépasse le cas Kalshi
Les marchés de prédiction suscitent un intérêt croissant de la part des traders et des investisseurs technologiques qui y voient un moyen de se couvrir contre l'incertitude politique et économique. Des plateformes comme Polymarket et PredictIt ont gagné en popularité, mais elles opèrent souvent dans une zone grise juridique. Une décision du sixième circuit pourrait établir un précédent pour déterminer comment — ou si — ces marchés peuvent exister aux États-Unis. La CFTC, sous la direction du président Rostin Behnam, a adopté une ligne dure, arguant que les contrats d'événements non réglementés risquent de transformer les marchés dérivés en casinos. Les partisans des marchés de prédiction rétorquent qu'ils fournissent des données précieuses et un moyen d'agréger l'opinion publique plus précisément que les sondages.
Quelle est la suite
Le sixième circuit n'a pas encore fixé de date pour les plaidoiries orales, mais l'affaire suit un calendrier relativement accéléré. Les deux parties ont déposé leurs mémoires principaux, et les mémoires en réponse sont attendus dans les semaines à venir. Une décision est attendue plus tard cette année. En attendant, Kalshi ne peut pas lister les contrats politiques contestés, et la CFTC continue d'appliquer ce qu'elle appelle une interdiction « temporaire » d'offres similaires. Le résultat pourrait déterminer si les marchés de prédiction prospèrent sous la surveillance fédérale ou dépérissent sous la pression réglementaire.




