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Le sous-gouverneur de la BOJ déclare que les fluctuations des devises continuent de stimuler l'inflation

Le sous-gouverneur de la BOJ déclare que les fluctuations des devises continuent de stimuler l'inflation

Le sous-gouverneur de la Banque du Japon (BOJ), Uchida, a reconnu cette semaine que les fluctuations des devises restent un moteur clé de l'inflation, même si la politique monétaire ne peut pas les contrôler totalement. Cette déclaration marque un changement notable dans la réflexion de la BOJ sur la relation entre les taux de change et les prix — un changement qui pourrait avoir des répercussions sur les marchés financiers mondiaux.

Reconnaissance du lien

Pendant des années, la BOJ a insisté sur le fait que les mouvements du yen n'affectent pas directement l'inflation de manière prévisible. Les commentaires d'Uchida rompent avec cette ligne. Il a déclaré que les mouvements des devises continuent de stimuler l'inflation, tout en concédant que la politique monétaire a une capacité limitée à orienter le taux de change. Cet aveu est une reconnaissance directe d'un lien que la banque centrale a souvent minimisé, en particulier pendant sa longue lutte contre la déflation.

Cela importe car le Japon importe la majeure partie de son énergie et de ses matières premières. Un yen faible rend ces importations plus chères, faisant grimper les prix à la consommation. Les propres prévisions de la BOJ montrent désormais une inflation supérieure à son objectif de 2 % pendant une période prolongée — ce que la remarque d'Uchida contribue à expliquer.

Évolution de la réflexion politique

La reconnaissance par la BOJ du lien entre devise et inflation pointe vers une approche plus dynamique de la politique monétaire. Sous la direction du gouverneur Kazuo Ueda, la banque centrale a déjà commencé à s'éloigner des politiques ultra-accommodantes de son prédécesseur. Les commentaires d'Uchida suggèrent que les décisions futures prendront de plus en plus en compte l'impact du taux de change sur les prix, et pas seulement la demande intérieure ou la croissance des salaires.

Une position plus flexible pourrait signifier que la BOJ ajuste les taux d'intérêt ou les achats d'obligations en réponse aux fluctuations du yen — une chose à laquelle elle s'est historiquement opposée. Cela rendrait la politique japonaise moins prévisible pour les investisseurs mondiaux qui comptaient sur la BOJ comme un ancrage stable de l'argent bon marché.

Implications mondiales

Ce changement pourrait affecter les stratégies financières dans le monde entier. Les taux d'intérêt bas du Japon ont longtemps alimenté le carry trade, où les investisseurs empruntent des yens pour acheter des actifs à plus haut rendement ailleurs. Toute indication d'un resserrement de la politique de la BOJ a tendance à ébranler ces transactions. Les commentaires d'Uchida renforcent le sentiment que l'ère des taux japonais extrêmement bas touche à sa fin, même si le calendrier reste incertain.

Les marchés obligataires mondiaux sont déjà sensibles aux décisions de la BOJ. L'année dernière, un petit ajustement de son contrôle de la courbe des taux a eu des répercussions sur la dette publique américaine et européenne. Si la BOJ intègre désormais les mouvements des devises dans ses décisions, la réaction pourrait être plus ample et plus fréquente.

La question non résolue est de savoir à quelle vitesse — et dans quelle mesure — la BOJ agira. Uchida n'a fourni ni calendrier ni déclencheur spécifique. Les acteurs du marché surveilleront la prochaine réunion de politique de la banque centrale pour savoir si cette reconnaissance se traduit par des hausses de taux concrètes ou reste simplement un changement rhétorique.